les RUINES du CHATEAU MEDIEVAL DE MIREBEL



NOTICE DESCRIPTIVE d’INTRODUCTION

Le site des ruines du château médiéval de Mirebel comporte 3 grandes zones, avec du sud (approximativement) vers le nord:

1) Zone du château proprement dit

, délimité au nord et au sud par deux fossés (notés 1 et 2) associés à des murs transversaux. Aujourd'hui, on accède par une brèche dans le mur au sud mais l'entrée ancienne est sans conteste celle au nord: les vestiges de l'arc de la porte avec crapaudine haute y subsistent, les montants droite et gauche étant distants de 4 à 5m l'un de l'autre. En raison des éboulis, il n'est pas possible en revanche de préciser s'il y avait un ou deux passages (porte cochère et piétonne). C'est aussi de ce côté-là que le fossé est les plus important du site (17m) et largement mieux aménagé que son homologue sud.

Pour cette zone, le mur d'enceinte est présent à peu près partout en bordure de l'à-pic rocheux, souvent dégradé, parfois supposé sous les bourrelets périphériques. Le contexte abrupt ne permet toutefois pas dans l'état actuel de correctement suivre la base externe de cette enceinte. Quand on peut la mesurer, cette enceinte semble épaisse partout de 1,20m.

A l'intérieur, on peut distinguer 3 secteurs :

- Au sud, un ensemble de creux et bosses, les premiers délimitant en partie au moins d'anciens bâtiments écroulés (associés à des vestiges de murs, voire d'angles de murs), les seconds caractérisés en particulier par un grand bourrelet perpendiculaire au promontoire: s'agit-il d'une défense ou d'une limite de bâtiment écroulé? Seule une fouille permettra de la dire.

- Le secteur central est celui des vestiges en élévation les mieux conservés. Trois éléments s'y distinguent. Au sud ouest, les vestiges du donjon. Son plan est classique pour la région, soit un carré de 10m de côté hors tout environ. Il dispose de 3 niveaux d'occupation au moins. Le second niveau présente une fenêtre à banquette?, une latrine à encorbellement (côté à-pic) et une archère (sur le mur NE, soit donnant "à l'intérieur" du château). Les caractéristiques générales, dont le ressaut chanfreiné entre le 1er et le 2è niveau placent cette construction dans un large XIIIe siècle, comme le donjon de Présilly, par exemple. L'épaisseur du mur au-dessus du ressaut chanfreiné est de 1,70m.
Au nord du donjon et visiblement accolé à lui un bâtiment plus récent aux murs de 1,10m d'épaisseur. Des ouvertures au niveau de circulation actuel (fenêtres?) me font penser qu'il peut s'agir d'un logis. Le sommet du mur côté à-pic semble présenter les traces d'un chemin de ronde ou d'un retrait pouvant recevoir les sablières d'un plancher (très) haut. A ce mur est associé une autre maçonnerie en retour (et dont les liaisonnements devraient être vérifiés) plus épaisse (1,80m), disposé (en dépit d'une lacune au centre) sur toute la largeur du promontoire et aveugle: mur-bouclier?, fondation d'une grande salle?

- Le dernier secteur est celui disposé entre ce "mur-bouclier" et la porterie. Aucun bâtiment particulier ne peut y être distingué sauf un ensemble associé à la porterie elle-même à l'est.

2) Zone vide entre les fossés 2 et 3.

Des investigations complémentaires devraient y être menées pour confirmer cette absence de vestiges. Mais les deux grandes structures linéaires observables parallèlement à l'axe du site sont plutôt des ressauts rocheux (peut-être artificiels (carrières, terrasses de culture) que des constructions.
Important : l'extrémité septentrionale de cette zone conserve les traces d'un chemin permettant d'accéder au site en longeant la côte depuis le col de Tournebise au nord et encore marqué (en pointillé) sur la carte IGN au 1/25000 actuelle. Je n'ai pas suivi très loin ce chemin, aujourd'hui envahi de broussailles mais il est probable que nous ayons là l'accès ancien.

3) Zone entre les fossés 3 et 4.

Elle se singularise par la présence d'une citerne-réservoir, d'un bâtiment quadrangulaire de 7m x 11m comportant au moins un étage sur plancher, avec des murs de 2,10m d'épaisseur et d'une enceinte en limite de la plate-forme rocheuse. Du côté de l'attaque (au nord), ce mur de 1,20m d'épaisseur comprend une ouverture non définie (meurtrière?). L'ensemble a les caractéristiques d'une redoute avec tour et réserves propres: on ne peut parler de barbacane en l'absence d'accès visible du côté de l'attaque; on ne peut pas non plus parler de château de siège érigé contre le château proprement dit; toutes les hypothèses sont possibles en l'absence d'une étude archéologique détaillée. Rien ne permet de la dater. Mais c'est aussi l'élément le plus original du site, unique même à notre sens pour le moment dans la région et qui justifie si besoin en était la protection de l'ensemble du promontoire au titre des Monuments Historiques